À qui revient l’argent de l’achat d’un livre ? Le point sur la chaîne du livre et ses acteurs.

Salut à toutes et à tous !

Ce week-end, j’ai lancé un sondage sur ma page Facebook pour que vous choisissiez le thème de l’article de ce vendredi, qui opposait ces deux sujets :

Option 1 : l’histoire de la FNAC, une entreprise dont les livres n’étaient qu’un plan B.
Option 2 : le prix du livre, qui touche l’argent que l’on dépense ?

Pour participer au prochain sondage, n’hésitez pas à vous abonner à la page Facebook 😉

Pour qu’un livre parvienne de son auteur jusqu’à son lecteur, divers corps de métier sont impliqués et rassemblés sous le nom de chaîne du livre. Dans cet article, je vous présente les différents acteurs de cette chaîne du livre (papier) et vous éclaire sur la répartition du « prix du livre » entre ceux-ci.

L’auteur, l’éditeur et les autres acteurs sont des corps de métiers voire des équipes entières et peuvent donc être aussi bien des femmes que des hommes. 😉

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Le merveilleux voyage du texte connu-de-personne à travers la France :

Lorsqu’un auteur a enfin terminé son livre, il cherche classiquement un éditeur pour le publier, bien qu’il existe des solutions alternatives (auxquelles je pourrais consacrer un autre article si vous le souhaitez). Une fois l’éditeur trouvé, l’auteur signe un contrat d’édition avec celui-ci.

Les principales règles du contrat d’édition sont accessibles sur le site du Syndicat National de l’Edition (SNE). Cependant, je me suis servie des explications présentes sur le site enviedecrire.com pour mieux comprendre ces règles.

Par ce contrat (écrit), l’auteur cède tous les droits de publication de son livre à son éditeur pour une durée généralement déterminée : la durée de protection des droits d’auteur. Il s’agit d’une période couvrant la vie de l’auteur puis les 70 ans suivant sa mort, après quoi son oeuvre tombe dans le domaine du droit public.

domaine public

C’est pourquoi le contrat d’édition stipule notamment que l’éditeur doit rendre des comptes au moins une fois par an à l’auteur sur le stock de son livre et le nombre d’exemplaires vendus. Cette clause protège l’auteur contre un éditeur qui ne donnerait pas au livre toutes ses chances (en oubliant par exemple de le rééditer lorsque celui-ci tombe en rupture de stock), lui permettant alors de récupérer ses droits et d’aller éventuellement se refaire éditer ailleurs.

Mais ce contrat inclut aussi la rémunération de l’auteur qui peut se présenter sous diverses formes.

  • Le versement d’un à-valoir : il s’agit d’une avance sur d’éventuels droits d’auteur qui aide l’auteur à vivre durant la rédaction de son livre, il n’est pas obligatoire à ma connaissance.
  • Les « droits d’auteur » : il s’agit d’un pourcentage du prix public du livre (hors taxes) qui garantit donc à l’auteur une rémunération proportionnelle aux ventes de son ouvrage. Il est partagé entre les auteurs du livre s’ils sont plusieurs (scénariste et dessinateur par exemple).
  • La rémunération forfaitaire : il s’agit d’une somme d’argent versée pour l’écriture d’un livre ou d’un texte à l’intérieur d’un livre (préface par exemple), qui remplace la rémunération proportionnelles aux ventes. Elle n’est appliquée que dans le cas où la base de cette proportion (l’assiette) ne peut-être calculée : dans le cas des ouvrages scientifiques collectifs notamment.

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Les droits d’auteurs et le copyright sont en fait deux droits différents.

Pour revenir à notre sujet principal (la répartition du prix du livre entre les divers acteurs de son existence), nous devons nous intéresser au second point. Les droits d’auteur sont en général compris entre 6% et 10% du prix de vente public hors taxe du livre mais cette fourchette peut être élargie de 5% à 20% (exemple de Françoise Sagan qui aurait renégocié à la hausse ses droits d’auteur sur la fin de sa vie). Mais gardons en tête que la plupart du temps, l’auteur ne touche pas plus de 10% du prix de son propre livre.

 

Une fois que le texte est entre les mains de l’éditeur, celui-ci est chargé (en théorie…) de le relire, le corriger et le retravailler avec l’auteur jusqu’à ce que les deux parties tombent d’accord sur la version finale du texte. Ce travail est réalisé en équipe dans les grosses maisons d’édition mais peut tout à fait être à la charge d’une seule personne dans les petites maisons. Le texte est alors prêt à devenir livre : l’éditeur (aidé éventuellement par un maquettiste) met en page et convient d’une couverture avec l’auteur avant d’envoyer le tout à l’imprimerie ! L’éditeur touche approximativement 20% des bénéfices des ventes du livre (basés sur son prix de vente hors taxes, toujours).

Mais en parallèle de ces étapes se déroule également toute une phase de communication auprès du grand public et des libraires…

Si la communication auprès des médias est assurée directement par l’éditeur, la communication auprès des libraires, plus méconnue, est prise en charge par un diffuseur.

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Avant d’être libraire, il m’avait toujours semblé évident que tous les livres étaient en librairie… Quelle erreur !

Les étagères n’étant pas extensibles, les libraires doivent – comme tous les commerçants – effectuer un choix dans la proposition de « produits » qu’ils présentent. Ils étudient donc régulièrement les catalogues de tous les éditeurs avec lesquels ils travaillent (ce qui est déjà restrictif) pour décider des titres qu’ils veulent ou non proposer aux clients. Mais nous y reviendrons…

Le diffuseur, donc, envoie un représentant qui se rend directement dans la plupart des points de vente (ni trop petits, ni trop isolés) pour se présenter et parler de vive voix de son catalogue avec le libraire.

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Il s’agit d’un démarchage commercial au cours duquel le représentant représente les intérêts de l’éditeur. Il tente de « mettre en place » un maximum de titres et de quantité de chacun des titres dans chacune des librairies. Le libraire, de son côté, accepte ou non cette mise en place et négocie des conditions commerciales plus intéressantes (délais de paiements, possibilité de retourner les invendus et augmentation des remises sur le prix d’achat des livres). Le diffuseur touche environ 10% des bénéfices des ventes du livre.

L’imprimeur (et relieur) intervient alors et transforme le fichier texte en livre-objet. C’est parfois même lui qui s’occupe de la conception de la maquette et de la couverture du livre. Le coût d’une impression dépend du tirage demandé par l’éditeur (le nombre d’exemplaires), qui dépend lui-même en partie des mises en place que le diffuseur a réussi à obtenir. En résumé, si tous les libraires ont commandé un total de 100 000 exemplaires du livre, les impressions seront calculées en conséquences pour éviter les ruptures. Plus l’éditeur demande un tirage conséquent, moins les coûts d’impression sont élevés (ce qui participe d’ailleurs largement à la surproduction de livres… mais c’est un autre débat). L’imprimeur touche autour de 15% des bénéfices des ventes du livre.

L’acteur qui entre en jeu après la fabrication du livre est le distributeur (qui est parfois également le diffuseur). C’est lui qui stocke les livres dans de grands entrepôts et gère les commandes et les retours : toute la logistique et la manutention. Il gère également les facturations et les remboursements. Il travaille avec le transporteur, un autre acteur qui achemine les livres de l’entrepôt jusqu’aux points de vente. Ils touchent à eux deux 15% des bénéfices des ventes du livre.

Enfin, c’est au tour du libraire d’entrer en scène !

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Le libraire est bien évidemment l’acteur le mieux connu du public puisque c’est lui qui est directement en lien avec le client-lecteur du fameux livre ! Il s’occupe de mettre en valeur les livres sur des tables et des facing, de les lire (eh oui !), d’en parler et de les présenter/conseiller aux clients. C’est finalement un prescripteur encore plus important que les médias puisqu’il offre de la visibilité aux auteurs qui n’ont pas eu la chance de bénéficier de grandes campagnes publicitaires. Il est également la seule personne à connaître suffisamment bien le livre ET le client pour créer le lien entre les deux et leur permettre de se rencontrer.

Oui, je suis de la team libraires ! 😀

Le libraire touche, en conséquence, entre 35% et 40% des bénéfices de la vente du livre. Ce bénéfice lui permet de payer les charges inhérentes au fait d’avoir un magasin ouvert au public, ce qu’il est (le plus souvent) le seul acteur à posséder. Cette généralité ne s’applique évidemment pas aux plateformes de vente en ligne.

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur la chaîne du livre je vous conseille cette fiche pratique de l’Enssib qui aborde notamment le sujet du livre numérique. En résumé, voici un graphique que j’ai emprunté à leur site et qui représente la répartition des bénéfices entre chacun des acteurs de la chaîne du livre :

prix du livre

 

Dans cet article, je survole les thèmes du contrat d’édition ainsi que des diverses manières de publier un livre. Si ces sujets vous intéressent, manifestez-vous en commentaires et je pourrai leur consacrer à chacun un article !

Merci pour votre lecture et votre soutien ! 😀

Lucie

Pour cet article, j’ai utilisé plusieurs sources que voici (certaines étaient déjà présentes sous forme de liens hypertexte dans l’article) :

https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1754-comprendre-et-connaitre-la-chaine-du-livre.pdf

https://www.sne.fr/editeur-et-auteur/principales-regles-du-contrat-dedition/

Combien gagne un auteur ?

https://www.enviedecrire.com/contrat-edition-pieges-a-eviter/

https://lavieestunroman.fr/remuneration-auteur-de-livre/https://lavieestunroman.fr/remuneration-auteur-de-livre/

https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire-conseil/3006-comment-publier-un-livre-conseils-cles-pour-reussir

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